Toutes ces façons de réagir sont possibles et
équivalentes, puisqu’elles servent au chien à éviter
la contrainte/la punition.
Pourtant, les 2 dernières mèneront trop souvent à
l’abandon du chien et pire, à sa mise à mort…
SVP, OUVREZ-VOUS À UNE MEILLEURE
COMPRÉHENSION DE L’ANIMAL QUI VIT À VOS CÔTÉS.
NE FORCEZ PAS VOTRE CHIEN À VOUS OBÉIR, MAIS AMENEZ-LE À
COLLABORER AVEC VOUS, PARCE QUE C’EST PLAISANT! ENSEIGNEZ AU LIEU D’IMPOSER…
Source : Os Secours
http://ossecours.forumprod.com/


Comment
ne pas punir son chien ! (par
Céline Morin)
De nombreux particuliers,
éleveurs, de même que certains éducateurs canins voire
même vétérinaires conseillent à leurs clients
de punir physiquement leur chien afin de rester le « chef de meute
». Ils dispensent ainsi divers conseils, diverses méthodes
de punition en se basant sur des théories issues d’anciennes études
sur le comportement du loup, aujourd’hui plus que fortement remises en
cause dans leur application possible aux relation homme-animal.
Sans s’étendre
sur le mythe de la domination, et sur les observations basée sur
de récentes études qui établissent des différences
fondamentales entre chien et loup, il est cependant essentiel de savoir
que certaines de ces pratiques ont des effets néfastes, souvent
même catastrophiques, tant pour les chiens que pour les humains.
Au mieux, elles instaurent un climat de défiance, au pire elles
conduisent à l’euthanasie en passant par toutes les étapes
de la mise en place d’un cercle vicieux dont il devient très difficile
de sortir.
Entendons-nous bien
aussi : une punition, unique, appliquée dans le timing exact, proportionnée
à la « faute », stoppée au moindre signal «
accusé de réception » même infime, envoyé
par le chien est une méthode d’éducation tout à fait
recevable et oui, qui peut fonctionner mais il faut alors maîtriser
énormément de paramètres qui nous échappent
trop souvent : le risque est bien plus important que le taux de réussite.
Dans cet article,
je voulais donc revenir sur une liste non exhaustive de ces punitions,
considérées à juste titre comme des agressions par
le chien, afin de rétablir certaines vérités et peut
être d’éviter de futurs accidents.
> Secouer un
chien par la peau du cou :
Pour ceux qui le
conseillent, ils vous diront que c’est ainsi que la mère chien punit
ses chiots, comme le fait également la louve. Ceci est faux : jamais
une chienne ne secoue ses petits par la peau du cou ; ceci est synonyme
en langage canin de mise à mort d’une proie. En punissant ainsi
le chien, non seulement vous mettez votre chien en danger physiquement
(lésions des cervicales) mais aussi psychiquement (chien craintif,
chien agressif, perte de confiance en l’humain …).
> Retourner un
chien sur le dos :
Là encore,
ce conseil est basé sur les premières études des meutes
de loups, afin d’asseoir son autorité sur le chien, montrer que
l’homme est « l’alpha », le « chef de meute ».
Depuis heureusement, il a été établi par des observations
scientifiques plus poussées que ces interprétations étaient
erronées. Que ce soit lors d’une bagarre, ou simplement lors d’une
phase d’observation, le loup de rang supérieur ne soumet pas le
loup de rang inférieur : ce dernier se soumet de lui-même,
en se tournant de sur le dos afin de montrer sa « soumission »
au loup de rang supérieur.
En aucun cas, la
soumission n’est forcée, elle est toujours volontaire, c’est cela
qui force le respect.
Un humain qui retourne
un chien sur le dos ne sera pas considéré par ce dernier
comme étant son « dominant » car cela ne fait pas partie
du langage canin ; il sera au mieux considéré comme un bipède
despotique.
De plus jusqu’à
4 à 5 mois, ce comportement est totalement incompréhensible
pour le chiot qui dispose d’une
« licence
bébé » auprès des adultes.
> Mettre la truffe
du chien dans ses excréments :
Ceci a été
établi par l’homme, sans aucun contexte scientifique. A l’époque,
il pensait qu’en procédant ainsi, le chien comprendrait qu’il ne
devait ni uriner, ni déféquer à l’intérieur
de la maison. Mais à l’inverse, une telle action provoque chez le
chien une très forte anxiété, à tel point que
la plupart du temps, il se met à manger ses propres excréments,
ou bien à faire dans des recoins de la maison à l’abri du
regard des humains, car il traduit par « on ne fait pas devant l’humain
» ou « ceci doit disparaître »; mais en aucun cas
une telle action n’apprend au chien la propreté.
> Lever un chien
face à soi en le serrant par le cou :
J’ai vu ce type
d’action plusieurs fois. Là non plus, aucune observation scientifique,
si ancienne soit elle, n’a jamais décrit une telle punition comme
étant propre au loup.
Il s’agit d’une
punition purement humaine, presque comme le ferait certains humains envers
d’autres humains, sous un accès de violence.
C’est de loin à
mes yeux l’attitude la plus dangereuse, tant pour le chien que pour l’humain
; l’étranglement chez le chien, levé ainsi en position droite,
aura des conséquences catastrophiques sur son cou, ses cervicales,
le reste de son ossature ; il se sentira physiquement menacé, et
cela fera à terme de lui un chien craintif, ou extrêmement
agressif pour les sujets les plus sensibles et les plus caractériels.
Quant à
l’homme, le danger réside dans la morsure : un chien, lorsqu’il
est agressé et n’a plus aucun autre moyen (signaux ignorés,
grognements réprimés), se défend en mordant ; en levant
ainsi son chien par le cou, en lui criant dessus, l’homme va déclencher
un stress très fort chez le chien ; pour peu que celui-ci soit dans
une phase d’excitation intense (favorisée par la présence
d’un autre chien, d’une situation inconnue ou estimée dangereuse),
le chien pourra se secouer vigoureusement afin d’échapper à
l’étreinte de l’homme et se défendre en attaquant directement
le visage de ce dernier.
Avec un chien de
moyenne ou grande race, les dégâts peuvent alors très
vite s’avérer énormes.
> Mordre
l’oreille :
Cette punition
est très souvent entendue dans le mushing (activités des
mushers et chiens de traîneaux). Pour autant, elle n’a aucune valeur
dans le langage canin : que vous mordiez l’oreille, la joue, le cou le
jarret ou n’importe quelle partie du corps de votre chien, il ressentira
cela comme une agression (un chien normalement constitué prévient
toujours avant de passer à une telle extrémité qu’est
la morsure… mais pas l’humain ?!), pas comme une volonté de dominer.
Et là encore, la dangerosité de cet acte est facile à
déceler : la proximité du visage de l’homme et de la gueule
du chien … il suffit que ce dernier se retourne pour ne faire qu’une bouchée
de votre nez !
> Frapper à
coups de poings et de pieds :
Certains osent
conseiller cela car il faut répondre à la bestialité
par la bestialité ! Là encore, à part rendre le chien
ultra craintif ou ultra agressif, quelles véritables conséquences
?
Le risque pour
l’homme de se faire mordre également et de perdre de manière
définitive la confiance de son chien.
Le chien arrêtera
sans doute le comportement gênant sur le coup , afin de faire cesser
ces agressions … Mais pour autant, il n’aura aucun respect vis-à-vis
de l’humain qui lui aura infligé de tels châtiments.
D’ailleurs, justifier
de telles violences reviendrait à accorder que l’on puisse frapper
un chat, un lapin ou n’importe quel être vivant, qu’il soit à
4 pattes ou à 2 pattes.
Qui plus est, si
vous stoppez un comportement gênant sans en traiter l’origine, un
nouveau comportement peut-être plus gênant encore pour vous
apparaitra.
Seuls les chiens
qui n’ont pas confiance en eux cherchent à dominer les autres par
des démonstrations de force. L’humain, en se conduisant ainsi et
en infligeant des punitions corporelles ou des contraintes physiques à
leur chien ne se positionnent pas en tant que leader sûr de lui ;
c’est même l’inverse qui se produit.
Il est en effet
plus aisé de frapper que de réfléchir ; pourtant,
c’est également plus dangereux, tant pour l’homme que pour le chien,
et inefficace en apprentissage. Un chien apprendra mieux par la motivation
que par la punition.
La violence est
l’apanage des faibles.
Punir un mauvais
comportement est pour autant tout à fait possible :